Les SCPI permettent d’investir dans l’immobilier sans gérer directement des biens, mais elles restent des placements peu liquides. Comprendre le risque de liquidité est essentiel avant d’y engager une part importante de votre épargne.
Qu’appelle‑t‑on « risque de liquidité avec les SCPI » ?
Le risque de liquidité avec les SCPI désigne la difficulté potentielle à revendre vos parts dans un délai court, au prix que vous espérez, lorsque vous souhaitez récupérer votre capital. Contrairement à une action cotée, une part de SCPI ne se vend pas instantanément sur un marché boursier : il faut qu’une contrepartie (un acheteur) soit disponible, ou que la société de gestion dispose de la trésorerie pour racheter des parts.
Concrètement, ce risque peut se traduire par :
- des délais de vente de plusieurs semaines à plusieurs mois ;
- l’impossibilité temporaire de sortir si les demandes de retrait sont trop nombreuses ;
- une vente à un prix inférieur au prix de souscription ou à la valeur de reconstitution en période de tension.
Pour approfondir ce sujet, un site spécialisé comme PierrePapier.fr analyse régulièrement le risque de liquidité avec les SCPI et les mécanismes de marché qui l’entourent.
Pourquoi les SCPI sont‑elles moins liquides que d’autres placements ?
Investir en SCPI, c’est investir dans de l’immobilier d’entreprise (bureaux, commerces, logistique, santé, etc.), via un véhicule collectif. L’actif sous‑jacent reste de la « pierre » : vendre rapidement un parc d’immeubles ou une tour de bureaux pour répondre à un afflux de retraits est difficile.
Plusieurs facteurs expliquent cette moindre liquidité :
- Les SCPI ne sont pas cotées en bourse : il n’existe pas de carnet d’ordres continu comme pour les actions.
- Les délais techniques : instructions de rachat, traitement des ordres, éventuel marché secondaire, calendriers internes de la société de gestion.
- L’équilibre entre entrées et sorties : lorsque les souscriptions sont dynamiques, les retraits sont plus facilement honorés ; en cas de flux négatifs, la liquidité se tend.
En résumé, la SCPI est un placement de long terme, conçu pour être conservé plusieurs années, et non un « compte courant amélioré » où l’on récupère ses fonds à la demande.
Capital fixe et capital variable : des mécanismes de liquidité différents
Le fonctionnement de la liquidité varie selon que la SCPI est à capital fixe ou à capital variable.
- SCPI à capital variable
- Les entrées et sorties sont gérées par la société de gestion via un mécanisme de « retraits compensés » : les parts rachetées aux sortants sont en pratique financées par les souscriptions des entrants.
- Tant que la collecte reste supérieure ou proche des demandes de retrait, la liquidité est généralement fluide. En revanche, si les retraits dépassent durablement les souscriptions, les délais peuvent s’allonger ou être suspendus.
- SCPI à capital fixe
- Le capital est plafonné ; la revente passe par un marché secondaire où les ordres d’achat et de vente sont mis en confrontation.
- Si peu d’acheteurs se manifestent, les parts peuvent rester en attente ou ne trouver preneur qu’à un prix plus bas.
Dans les deux cas, il n’existe aucune garantie contractuelle de rachat immédiat des parts : le risque de ne pas pouvoir sortir à la date et au prix souhaités fait partie intégrante du produit.
Quand le risque de liquidité devient‑il plus sensible ?
Certaines situations rendent le risque de liquidité plus concret :
- Contexte de crise économique ou de remontée des taux
- Baisse de l’appétit des investisseurs pour l’immobilier ;
- Diminution de la collecte, augmentation des demandes de retrait.
- Tensions spécifiques sur un segment (bureaux, commerce, etc.)
- Inquiétudes sur la vacance, les loyers, l’obsolescence des actifs ;
- Impact sur la perception de la SCPI et donc sur les flux d’entrées/sorties.
- Besoin de liquidités non anticipé côté épargnant
- Projet personnel ou imprévu (achat immobilier, divorce, perte d’emploi) obligeant à vendre vite ;
- Décalage entre l’horizon de l’investisseur (court terme) et la nature long terme du produit.
Dans ces contextes, les délais de cession peuvent s’allonger et la valeur de réalisation des parts peut être ajustée à la baisse.
Comment gérer (et limiter) le risque de liquidité en pratique ?
On ne peut pas supprimer le risque de liquidité d’une SCPI, mais on peut le gérer. Quelques axes de vigilance :
- Investir à horizon long terme
- Ne placer en SCPI que l’épargne dont vous n’avez pas besoin à court terme. Les sociétés de gestion comme les régulateurs insistent sur cette notion d’horizon long (8–10 ans souvent mentionnés).
- Diversifier vos placements
- Éviter de concentrer la totalité de votre patrimoine financier sur une seule SCPI ou sur la SCPI en général. Conserver des supports liquides (livrets, fonds euros, OPCVM) facilite la gestion des imprévus.
- Analyser la liquidité passée et la collecte
- Regarder la dynamique de souscription, le ratio entrées/sorties, l’historique des délais de retrait, les éventuelles files d’attente.
- Une collecte très abondante n’est pas une garantie future, mais donne une indication sur l’attractivité actuelle du véhicule.
- Comprendre le mécanisme de marché secondaire
- Pour une SCPI à capital fixe, vérifier comment sont fixés les prix (enchères, confrontation périodique, carnet d’ordres) et à quelle fréquence.
- Pour une SCPI à capital variable, se renseigner sur les conditions de retrait (frais, délais indicatifs, règles en cas de tension).
- Lire attentivement les documents d’information
- DIC, note d’information, rapport annuel : la section sur les risques explicite généralement le risque de liquidité et les modalités de rachat.
À retenir avant d’investir
Les SCPI offrent un accès mutualisé à l’immobilier, avec des rendements potentiellement attractifs, mais elles ne sont ni liquides ni garanties. Le risque de liquidité fait partie des risques majeurs des SCPI, au même titre que la perte en capital, la vacance locative ou le risque de baisse des revenus.
Avant d’investir, il est donc prudent de :
- vérifier que votre horizon d’investissement et votre besoin de liquidités sont compatibles avec ce type de placement ;
- diversifier vos supports ;
- et vous informer régulièrement via des sources spécialisées, comme Pierrepapier.fr, qui suivent de près l’évolution du marché et les enjeux de liquidité des SCPI.











