Cession d’entreprise : que faire de la trésorerie ?

par Hélène Caradec | Oct 6, 2025 | blog

Cession d’entreprise : que faire de la trésorerie ?

Comprendre les enjeux autour de la trésorerie lors d’une cession en 2025

Depuis le début de l’année 2025, la gestion de la trésorerie en amont d’une cession d’entreprise est devenue l’un des sujets les plus pointus – et stressants – pour les dirigeants. Et pour cause : mal anticipée, cette réserve de liquidités peut à elle seule bloquer une vente, alourdir la fiscalité ou faire fondre la valeur perçue par l’acquéreur.

Vous êtes dirigeant et vous vous demandez concrètement : “Que faire de la trésorerie lors d’une cession ?” Ce guide complet, nourri des données les plus récentes (octobre 2025), vous aide à prendre des décisions éclairées et fiscalement avantageuses.

Deux choix clés en 2025 : vendre avec ou sans la trésorerie

Option n°1 : Vendre avec la trésorerie incluse dans le prix

L’inclusion de la trésorerie dans le prix de vente reste une pratique courante. Elle permet au cédant de bénéficier de l’abattement spécifique à 17,2 % sur les plus-values mobilières, contre un Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30 % si elle est retirée préalablement sous forme de dividende.

  • Fiscalité allégée (seulement les prélèvements sociaux en cas d’abattement sur longue durée)
  • Valorisation intégrée dans le prix global, attirant potentiellement plus d’acheteurs premium

Mais attention… côté acquéreur, ce n’est pas si simple

Les acheteurs doivent généralement financer l’ensemble du montant, y compris une trésorerie qu’ils n’utiliseront pas immédiatement. Les banques sont de plus en plus frileuses à financer ce poste non productif, comme le rappelle le cabinet AFEX dans son dernier rapport d’octobre 2025.

Option n°2 : Exclure la trésorerie et recourir au crédit-vendeur

Autre solution attractive : retirer une partie ou la totalité de la trésorerie avant la vente, tout en compensant en proposant un crédit-vendeur. L’acquéreur verse un acompte ajusté, le reste étant remboursé à échéances régulières.

Critère Vente avec trésorerie incluse Vente avec retrait et crédit-vendeur
Fiscalité pour le cédant Abattement à 17,2% Soumis à PFU si retrait préalable (30%), mais neutralisé dans certaines structures via optimisations fiscales (voir ici)
Accès au financement pour l’acquéreur Difficile sur partie « liquidités » non productives Plus souple grâce au crédit-vendeur étalé dans le temps
Impact sur négociation du prix Prix élevé mais justifié par actifs disponibles Prix souvent ramené à l’exploitation réelle + actifs stratégiques uniquement

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Pourquoi la gestion de cette trésorerie bloque souvent les ventes ?

En octobre 2025, selon le CRA et la CCI Paris Île-de-France, plusieurs raisons freinent ou conditionnent fortement une cession.

  • Excès de cash : soupçon d’une gestion non transparente ou crainte d’investissement passif placé sur compte courant inactif.
  • Difficulté bancaire : problème d’obtention des crédits quand une fraction importante du prix concerne uniquement des liquidités.
  • Désalignement valeur perçue : “Je ne paierai pas du cash pour du cash”, résume un acquéreur entendu par Annolis fin septembre.

Et pourtant, bien gérée, cette même trésorerie peut se transformer en levier stratégique pour les deux parties.

Savoir exploiter ses excédents via un contrat de capitalisation (mise à jour janvier-octobre 2025)

Pensé initialement comme un outil patrimonial personnel, le contrat de capitalisation est utilisé aujourd’hui par les dirigeants pour une autre finalité : gérer fiscalement leur société à fort cash disponible.

Bénéfices concrets pour l’entreprise avant ou après la cession :

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Exemple réel : une négociation débloquée par une stratégie hybride (octobre 2025)

Une PME industrielle francilienne s’apprêtait à être vendue pour trois millions d’euros. Mais avec près de huit cent mille euros en comptes bancaires, aucun acquéreur n’acceptait ce niveau sans décote.
Le dirigeant opta finalement pour un crédit-vendeur avec retrait progressif post-cession réinvesti dans un contrat dédié.
Résultat ? Transaction conclue en quatre semaines après huit mois bloqués.

C’est aussi ça le vrai visage d’une gestion habile de la trésorerie : éviter les bras de fer inutiles.

Tendances récentes observées cette semaine (octobre première quinzaine)

  • L’inflation persistante pousse les entreprises à sécuriser leurs excédents via produits stables type obligations ou contrats multi-fonds.
  • Baisse provisoire des taux courts attendue : attention au timing fiscal !
  • Anticipation stratégique encouragée par cabinets spécialisés dès mi-2025.
  • Le Conseil en Reprise d’Affaires alerte : “80 % des transactions échouent faute d’approche patrimoniale globale”. Une statistique glaciale confirmée fin septembre.

Une métaphore pour mieux comprendre cette mécanique ?

Imaginez votre entreprise prête à vendre comme une maison dont on ignore s’il faut vendre avec ou sans meubles. La trésorerie est ce meuble ultra valeureux. Certains l’aiment, mais tous ne veulent pas payer pour. Alors mieux vaut-il louer ? Retirer puis vendre ? Ou inclure avec un bon accompagnement notarié ? Voilà exactement ce que résume cette problématique aujourd’hui.

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Questions fréquentes

Quand faut-il commencer à préparer la gestion de la trésorerie avant une cession ?

Idéalement, commence au moins 12 à 24 mois avant la vente. Ce délai te permet d’anticiper les impacts fiscaux, de structurer une éventuelle holding, ou de sortir une partie du cash sans éveiller les soupçons de l’administration. Plus tu t’y prends tôt, plus tu as de marge de manœuvre. Une sortie de trésorerie trop proche de la cession peut être requalifiée comme abus de droit. En t’y prenant à l’avance, tu peux aussi optimiser la valorisation de ton entreprise et rassurer les repreneurs. N’attends pas le compromis de vente pour agir. Prends rendez-vous avec un fiscaliste ou un expert en gestion de patrimoine dès que tu envisages de vendre.

Est-ce que je peux garder la trésorerie pour moi après la vente ?

Oui, mais tout dépend de la manière dont tu structures la vente. Si tu retires la trésorerie avant la cession, elle devient un revenu personnel soumis à l’impôt. Si tu la laisses dans l’entreprise, elle est incluse dans le prix de vente, et tu la récupères indirectement via la plus-value. Dans ce cas, tu peux bénéficier d’un abattement fiscal, notamment si tu pars à la retraite. Une autre option est de vendre à une holding que tu contrôles, pour ensuite gérer le capital à travers elle. Chaque scénario a ses implications fiscales. L’important, c’est de choisir la bonne stratégie selon ton projet personnel.

Quels sont les risques si je ne fais rien avec la trésorerie avant la vente ?

Si tu ne fais rien, la trésorerie reste dans l’entreprise et sera incluse dans le prix de vente. Ce n’est pas forcément un problème, mais cela peut compliquer la transaction. Le repreneur pourrait refuser de payer un prix trop élevé ou demander une décote. Il peut aussi s’interroger sur la gestion passée de l’entreprise. Autre point : tu risques de passer à côté d’optimisations fiscales possibles. Par exemple, une sortie anticipée bien structurée peut réduire la pression fiscale. Ne rien faire, c’est parfois la meilleure option, mais seulement si elle est choisie en connaissance de cause. Analyse bien les conséquences avec un expert.

Comment savoir si une holding est utile dans mon cas ?

Une holding peut être très utile si tu veux réinvestir après la vente ou transmettre ton patrimoine. Elle te permet de bénéficier d’un report d’imposition sur la plus-value (régime de l’apport-cession). Tu peux aussi y loger un contrat de capitalisation ou des investissements immobiliers. Mais attention : créer une holding demande du temps, des frais, et une vraie stratégie. Ce n’est pas une solution miracle. Si tu veux juste encaisser le fruit de la vente et partir à la retraite, ce n’est peut-être pas nécessaire. Discute avec un conseiller patrimonial pour voir si c’est adapté à ton projet.

Combien coûte l’accompagnement par un expert pour gérer la trésorerie ?

Les honoraires varient selon la complexité de ton dossier. Pour un accompagnement fiscal simple, compte entre 1 000 et 3 000 euros. Si tu montes une holding, prévois plutôt entre 5 000 et 10 000 euros, en incluant les frais juridiques et comptables. C’est un investissement, mais il peut te faire économiser bien plus en impôts. Certains cabinets proposent un forfait global pour la cession, incluant la valorisation, la fiscalité, et la stratégie patrimoniale. N’hésite pas à demander plusieurs devis. Et surtout, choisis un expert habitué aux cessions d’entreprise, pas un généraliste.

Conclusion

Gérer la trésorerie lors d’une cession d’entreprise, ce n’est pas juste une question de chiffres. C’est un levier stratégique qui peut impacter le prix de vente, la fiscalité, et ton avenir personnel. Tu as plusieurs options : sortir le cash avant, l’inclure dans la vente, ou le structurer après. Chaque choix a ses avantages et ses risques. L’essentiel, c’est d’anticiper et de t’entourer des bons conseils.

Il n’y a pas de solution unique. La bonne approche dépend de ton profil, de ton projet, et du timing. Mais une chose est sûre : tu peux optimiser ta trésorerie sans te mettre en danger. Avec un peu de préparation, tu transformes un casse-tête en opportunité.

Commence par faire un point avec ton expert-comptable ou un conseiller patrimonial. Pose-lui les bonnes questions. Et surtout, ne laisse pas la trésorerie devenir un frein à ta vente. Tu as les cartes en main pour faire les bons choix.

Hélène Caradec

Passionnée par l’entrepreneuriat digital depuis une dizaine d’années, j’aide les gens à gagner de l’argent en ligne grâce à des stratégies simples et efficaces. J’adore la liberté que procure le web et je partage chaque jour mes astuces et retours d’expérience.